Peu de politiques frontalières ont généré autant de controverse, ou autant de retournements, que les Migrant Protection Protocols, mieux connus sous le nom de Remain in Mexico. En 2021, le MPP a été suspendu dès le premier jour du président Biden, formellement résilié en juin, et immédiatement traîné devant un tribunal fédéral par le Texas et le Missouri, qui soutiennent que cette résiliation était illégale. La saga Remain in Mexico est une étude de cas sur la façon dont la politique frontalière se fait désormais : par proclamation et par injonction, avec de vraies personnes attendant des deux côtés du fleuve.
Ce que faisait réellement le MPP
Lancé en janvier 2019, le MPP exigeait que de nombreux demandeurs d'asile non mexicains arrivant à la frontière sud attendent au Mexique pendant que leur dossier devant le tribunal d'immigration américain progressait. Environ 70 000 personnes ont été inscrites au cours de son existence. Les partisans lui attribuaient le mérite d'avoir mis fin au « catch and release » pour les inscrits et d'avoir dissuadé les demandes sans fondement, notant que la plupart des dossiers MPP se sont terminés par un refus ou une absence. Les critiques ont pointé du doigt les camps insalubres dans des villes frontalières comme Matamoros et la criminalité documentée contre les migrants attendant dans des zones dangereuses. Les deux descriptions contiennent une part de vérité, ce qui explique pourquoi le programme est devenu un tel paratonnerre.
La séquence de 2021
- 20 janvier : les nouvelles inscriptions suspendues dès le premier jour.
- Février : l'administration a commencé une entrée progressive pour les inscrits ayant des dossiers actifs, traitant des milliers de personnes des camps vers les États-Unis pour poursuivre leurs demandes, le camp de Matamoros se vidant d'ici mars.
- 1er juin : le secrétaire du DHS, Mayorkas, a publié une note mettant formellement fin au MPP.
- Été : le Texas et le Missouri ont intenté une action en justice, soutenant que la résiliation ignorait des exigences légales et aggraverait l'afflux à la frontière ; une bataille judiciaire fédérale sur la remise en place du programme était en cours à mesure que l'année avançait.
Tout cela s'est produit alors que les rencontres à la frontière atteignaient leurs niveaux les plus élevés en deux décennies, garantissant que le sort du MPP resterait politiquement explosif.
Le bilan honnête
Du point de vue de l'État de droit, cet épisode est inconfortable dans les deux sens. Les conditions du MPP au Mexique étaient réellement difficiles, et forcer des personnes ayant des demandes légitimes à attendre en territoire de cartels représente un coût sérieux. Mais mettre fin à un dispositif dissuasif pendant un afflux record, sans système de remplacement capable de juger rapidement les demandes, a invité des arrivées plus chaotiques et des arriérés plus longs, ce qui nuit surtout aux véritables réfugiés. Le problème fondamental du système d'asile est resté sans réponse des deux côtés : les dossiers prennent des années, et une attente pluriannuelle à l'intérieur des États-Unis fonctionne comme un aimant en soi, indépendamment du fond de la demande. Un jugement rapide et équitable servirait tout le monde mieux que le pendule.
Ce que cela signifie pour vous
Conseils pratiques au milieu de ces retournements :
- Si vous étiez inscrit au MPP avec un dossier actif, utilisez uniquement les canaux d'inscription officiels annoncés par le DHS et les organisations internationales ; ne payez personne prétendant vendre une place dans la file d'attente.
- Conservez chaque avis d'audience, talon et reçu ; votre dossier documentaire est votre affaire.
- Comprenez que l'asile exige de prouver une persécution fondée sur des motifs protégés spécifiques ; les difficultés économiques seules ne suffisent pas, et une demande refusée peut se terminer par un renvoi.
- Si vous disposez d'une autre voie légale, pétition familiale, parrainage d'emploi, visa étudiant, poursuivez-la en parallèle ; les catégories durables l'emportent toujours sur les politiques discrétionnaires.
- Attendez-vous à d'autres changements dictés par les tribunaux ; un programme résilié en juin peut être relancé par injonction des mois plus tard, alors ne bâtissez aucun plan sur la survie d'une seule politique.
La bataille du MPP se poursuivra dans les tribunaux pendant des mois. Pour les individus, la leçon est déjà claire : les politiques oscillent, mais un dossier bien documenté dans une catégorie légale est le seul actif qu'aucune décision ne peut retirer.
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