En juillet 2021, le juge Andrew Hanen du district Sud du Texas a jugé que DACA, le programme Deferred Action for Childhood Arrivals, avait été créé illégalement. La décision Hanen de 2021 n'a pas retiré la protection des quelque 600 000 bénéficiaires actuels, mais elle a fermé la porte à des dizaines de milliers de primo-demandeurs dont les dossiers étaient en attente. Neuf ans après le lancement de DACA, son fondement juridique est officiellement fissuré, et la décision impose un débat que Washington esquive depuis dix ans.
Ce que le tribunal a réellement décidé
Le raisonnement central de Hanen était à la fois procédural et constitutionnel : DACA avait été instauré en 2012 par un mémorandum du DHS, sans suivre la procédure de notice-and-comment exigée par l'Administrative Procedure Act, et il dépassait le pouvoir de la branche exécutive en créant un vaste programme de prestations qui relève du Congrès. Le Texas et huit autres États avaient qualité pour agir, a-t-il estimé, en raison des coûts que le programme leur impose. Le remède a été calibré :
- Nouvelles demandes : le gouvernement peut les accepter mais ne peut pas les approuver ; les primo-demandeurs, y compris des milliers de personnes qui avaient déposé une demande après qu'une décision de justice de 2020 avait rouvert le programme, se retrouvent exclus.
- Bénéficiaires actuels : les renouvellements se poursuivent pendant les procédures d'appel ; personne ne perd sa protection ou son autorisation de travail existante aujourd'hui.
- Appel : l'administration a immédiatement fait appel devant la Cour d'appel du cinquième circuit et a annoncé son intention de réédicter DACA via une procédure réglementaire formelle afin de corriger le vice de procédure.
La vérité inconfortable que les deux camps évitent
Voici une évaluation honnête. Les Dreamers eux-mêmes comptent parmi les figures les plus dignes de sympathie du débat sur l'immigration : amenés ici enfants, élevés à l'américaine, très majoritairement des personnes qui travaillent, étudient et respectent la loi. Et pourtant, le raisonnement juridique de Hanen est sérieux : une politique d'immigration majeure édictée par mémorandum est exactement le type d'improvisation exécutive qui produit des revirements sans fin, dans les deux sens. La décision de la Cour suprême de 2020 bloquant l'abrogation de DACA était elle aussi de nature procédurale. Neuf ans après, chaque branche du gouvernement a désormais confirmé la même chose : seul le Congrès peut régler cette question, et le Congrès continue de refuser, malgré des sondages qui montrent constamment un large soutien public à une solution législative pour les Dreamers, assortie de mesures d'application de la loi.
Qui en ressent les effets aujourd'hui
Les premières victimes sont les primo-demandeurs, dont beaucoup sont devenus éligibles par l'âge ou ont enfin rempli les critères après des années d'attente, et dont les demandes complètes restent désormais inapprouvables. Au-delà d'eux, chaque bénéficiaire actuel vit avec un horizon de renouvellement de deux ans et un calendrier judiciaire en guise de plan de vie : la Cour d'appel du cinquième circuit, puis probablement la Cour suprême, décideront si les renouvellements eux-mêmes survivront. Des carrières, des prêts immobiliers et des familles se construisent sur un statut qu'une décision supplémentaire pourrait mettre fin.
Ce que cela signifie pour vous
Conseils pratiques à la lumière de cette décision :
- Les titulaires actuels de DACA devraient renouveler tôt, à chaque fois, bien avant l'expiration ; une autorisation valide constitue la position la plus solide si les tribunaux changent les règles en cours de route.
- Les primo-demandeurs peuvent toujours déposer une demande pour préserver leur place si les tribunaux autorisent plus tard les approbations, mais ne devraient pas fonder leurs projets là-dessus.
- Chaque bénéficiaire devrait être évalué par un avocat qualifié pour identifier d'autres options : pétitions familiales, parrainage professionnel, ou catégories spéciales auxquelles beaucoup sont éligibles sans le savoir.
- L'advance parole pour un voyage éligible peut avoir de l'importance pour les options à long terme de certains bénéficiaires ; obtenez un avis juridique individuel avant de voyager.
- Évitez la fraude des « notarios » ; le chaos judiciaire est une saison propice aux escrocs vendant de faux dépôts de « nouvelle demande DACA ».
La décision Hanen ne marque pas la fin de DACA, mais elle marque le début de la fin du gouvernement par mémorandum. Tant que le Congrès ne fera pas son travail, les Dreamers resteront la preuve la plus claire que ce pays a besoin d'un droit de l'immigration fait par les législateurs, et non par des cycles de contentieux.
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