L'EB-3 en 2021 a réussi quelque chose de rare : pendant une partie de l'année, elle a avancé plus vite que l'EB-2, la catégorie juste au-dessus d'elle. La raison était la pandémie. Avec des visas d'immigrant familiaux inutilisés en 2020, un flot de numéros s'est reporté sur le système professionnel, et l'EB-3 est devenue la voie rapide surprise, particulièrement pour les candidats nés en Inde. Ce fut l'année du déclassement.
Ce que couvre l'EB-3
L'EB-3 est la troisième préférence professionnelle, et elle sert un large éventail de travailleurs. Elle comporte trois sous-groupes :
- Les travailleurs qualifiés, dont les postes exigent au moins deux ans de formation ou d'expérience.
- Les professionnels, dont les postes exigent un diplôme universitaire américain (bachelor's degree) ou son équivalent étranger.
- Other Workers (autres travailleurs), pour les postes nécessitant moins de deux ans de formation, un sous-groupe avec son propre petit plafond annuel d'environ 10 000.
Presque tous les dossiers EB-3 commencent par une certification du travail PERM du Département du Travail, suivie d'une requête I-140 puis d'un ajustement de statut ou d'un traitement consulaire.
Le report qui a inversé l'ordre
L'événement déterminant de 2021 a été l'offre. Les numéros familiaux inutilisés ont poussé la limite professionnelle de l'année fiscale 2021 à environ 262 000, presque le double du niveau habituel de 140 000. Cette vague a fait bouger les dates de priorité dans tous les domaines, mais elle a frappé l'EB-3 d'une manière inhabituelle. Pour les candidats nés en Inde, la date d'action finale de l'EB-3 a avancé devant l'EB-2 pendant une partie de l'année.
La vague de déclassement
Cette inversion a créé une stratégie bien connue. Les candidats ayant déjà des requêtes EB-2 approuvées ont déposé de nouvelles requêtes EB-3 pour le même poste, un « déclassement » (downgrade), afin de pouvoir utiliser la date EB-3 plus favorable et déposer une demande d'ajustement de statut. Des milliers l'ont fait. Cette démarche a permis aux gens de déposer leur I-485, d'obtenir des permis de travail et de voyage, et de faire démarrer le compte à rebours vers une green card plus tôt que leur date EB-2 ne l'aurait permis.
La demande dans le sous-groupe Other Workers était également forte, bien que son plafond minuscule ait maintenu cette voie étroite. Dans l'ensemble de la catégorie, le message était le même : quand l'offre se relâche, les personnes préparées avancent rapidement.
Ce que cela signifie pour vous
L'année de déclassement de 2021 comporte des leçons qui survivent à l'offre inhabituelle.
- Surveillez à la fois les dates EB-2 et EB-3 pour votre pays de naissance. Quand l'une bondit en avant, un changement de catégorie peut faire gagner des années.
- Gardez votre PERM et votre I-140 en bon ordre. Un déclassement n'est possible que si votre dossier sous-jacent est propre et approuvable.
- Déposer une demande d'ajustement quand une date est courante peut débloquer des permis de travail et de voyage bien avant la green card elle-même.
- Ne comptez pas sur le maintien des fenêtres ouvertes. Le surplus de 2021 était temporaire, et les dates qui ont bondi pouvaient régresser tout aussi vite.
Il y a aussi un point plus large ici. Le système a le mieux fonctionné en 2021 quand il disposait de plus de numéros à distribuer, et les travailleurs préparés, parrainés par un employeur, ont avancé de manière ordonnée et légale. C'est l'immigration fondée sur le mérite et l'État de droit que le pays devrait rendre routinière. La frustration est qu'il ait fallu un accident pandémique pour produire cette offre supplémentaire. Un système qui dépend de visas inutilisés qui se reportent pour bien fonctionner est un système que le Congrès a laissé à moitié construit. Pour les candidats, la leçon à retenir est de rester prêt afin de pouvoir agir dès que votre fenêtre s'ouvre.
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